Réduire la consommation électrique de son informatique : PC, écran, imprimante, veille
Combien consomme un PC, un ecran, une imprimante en veille, et comment reduire la facture sans rien racheter : reglages, mesures et bonnes pratiques bureau et PME.
Un PC allumé toute la journée, un écran qui ne s'éteint jamais vraiment, une imprimante en veille permanente : l'informatique pèse plus sur la facture d'électricité qu'on ne le pense, surtout dans un bureau avec plusieurs postes. La bonne nouvelle : la plupart des économies ne coûtent rien, seulement quelques réglages.
Ce guide fait partie de notre univers Énergie & Protection. Pour protéger ce matériel des coupures et surtensions, voyez notre guide d'achat onduleur.
Combien consomme vraiment votre matériel
| Équipement | En usage | En veille |
| PC de bureau bureautique | 60 – 120 W | 1 – 3 W |
| PC de bureau performant / gamer | 150 – 500 W | 2 – 5 W |
| PC portable | 20 – 65 W | < 1 W |
| Écran LED 24 pouces | 20 – 35 W | < 1 W |
| Imprimante laser (impression) | 400 – 1200 W (pics) | 3 – 8 W |
| Imprimante jet d'encre | 15 – 30 W | 1 – 2 W |
| Routeur / box internet | 8 – 15 W | en continu |
| NAS 2 à 4 baies | 25 – 50 W | en continu |
Un routeur, un NAS ou un onduleur tournent 24 heures sur 24 : même à faible puissance, leur consommation annuelle dépasse souvent celle d'un PC qu'on éteint le soir. Un PC qui reste allumé inutilement toute la nuit, en revanche, gaspille bien plus qu'on ne l'imagine sur un mois.
La veille n'est pas toujours ce qu'on croit
Un appareil « éteint » au bouton reste souvent en veille électrique : chargeurs, box, imprimantes, téléviseurs continuent à tirer quelques watts pour rester « prêts ». Sur un seul appareil, c'est négligeable ; sur dix ou vingt appareils dans un bureau, l'addition compte sur l'année. Une multiprise à interrupteur permet de couper plusieurs appareils d'un geste en fin de journée.
Les réglages qui ne coûtent rien
- Mise en veille automatique de l'écran après quelques minutes d'inactivité, et du PC après 15 à 30 minutes : dans les paramètres d'alimentation de Windows ou macOS.
- Luminosité de l'écran réduite au nécessaire : un écran trop lumineux consomme plus et fatigue les yeux.
- Mode économie d'énergie sur portable en dehors des tâches lourdes : il bride légèrement le processeur pour gagner en autonomie et en consommation.
- Éteindre plutôt que mettre en veille un poste qui ne sera pas rallumé avant plusieurs heures : la veille consomme peu mais pas rien.
- Débrancher les chargeurs inutilisés : un chargeur branché sans appareil consomme un peu, en continu.
Le matériel qui consomme moins par nature
- Un PC portable consomme trois à cinq fois moins qu'un PC de bureau équivalent en usage bureautique — un vrai critère si l'électricité pèse dans le choix.
- Un écran LED récent consomme moins qu'une ancienne dalle ; la taille et la luminosité maximale jouent plus que la technologie.
- Un SSD consomme moins qu'un disque dur mécanique, qui doit faire tourner un plateau en continu.
- Une imprimante laser consomme peu en veille mais tire des pics élevés à l'impression ; une imprimante jet d'encre consomme moins au global pour un usage occasionnel.
Le cas du bureau et de la PME
Sur plusieurs postes, les économies s'additionnent vite :
- Politique de veille centralisée : sur un parc Windows, une stratégie de groupe impose la mise en veille après un délai, sans dépendre de chaque utilisateur.
- Extinction programmée des postes non essentiels en fin de journée, avec réveil automatique avant l'arrivée des équipes si nécessaire.
- Mutualiser l'impression : une bonne imprimante réseau partagée consomme moins, au total, que plusieurs petites imprimantes individuelles en veille permanente. Voir guide d'achat imprimante.
- Un NAS bien dimensionné remplace plusieurs disques externes qui, eux, ne s'éteignent presque jamais : voir NAS : partager et sauvegarder.
Ce sujet rejoint la logique du guide équiper un parc informatique.
L'onduleur : protection, pas gaspillage
Un onduleur consomme en permanence, même sans coupure — quelques watts pour un line-interactive, davantage pour un on-line double conversion, qui retravaille le courant en continu. Ce n'est pas un poste à couper pour économiser : la protection qu'il apporte (contre les coupures, les surtensions, la corruption de données) vaut largement le coût électrique, faible en comparaison. Les modes « éco » de certains onduleurs on-line réduisent la consommation quand le secteur est stable : à activer si votre réseau électrique est fiable.
Ce qui ne vaut pas la peine
- couper le routeur la nuit pour économiser : le gain est négligeable et ça coupe les sauvegardes automatiques et les mises à jour programmées ;
- éteindre un NAS qui doit rester disponible pour la sauvegarde des postes : la consommation continue est le prix de la disponibilité ;
- remplacer un matériel encore fonctionnel uniquement pour économiser quelques watts : le coût et l'impact de fabriquer un appareil neuf dépassent largement les économies sur sa durée de vie — voir notre collection « on ne jette pas ».
Le climatiseur du local technique : le vrai poste caché
Dans un petit local serveur ou une baie réseau, le matériel informatique lui-même n'est souvent pas le principal poste de consommation : c'est la climatisation qui le maintient à température qui pèse le plus lourd, parfois plus que les serveurs qu'elle refroidit. Quelques réflexes réduisent la facture sans risquer le matériel :
- ne pas climatiser à une température inutilement basse : 22 à 24 °C suffisent largement pour du matériel informatique, pas besoin de descendre à 18 °C ;
- isoler le local (porte qui ferme, pas de fenêtre au soleil) pour que la climatisation travaille moins ;
- dégager les grilles d'aération des serveurs et de la baie : un flux d'air obstrué fait chauffer le matériel, qui pousse ses ventilateurs plus fort, qui réchauffe la pièce, qui sollicite plus la climatisation — un cercle qu'un simple dépoussiérage casse.
Suivre sa consommation avec des outils logiciels
Sans acheter de matériel, quelques outils aident à repérer ce qui consomme :
- le rapport de consommation par application intégré à Windows (Paramètres > Système > Batterie ou Alimentation) montre quels logiciels sollicitent le plus le processeur en arrière-plan sur un portable ;
- sur un onduleur relié en USB avec son logiciel de supervision, la charge instantanée affichée donne une idée directe de la consommation du matériel branché ;
- certains routeurs et prises connectées avancés indiquent la consommation des appareils qui y sont reliés — pratique pour un bureau qui veut suivre plusieurs postes sans wattmètre individuel.
Mesurer pour de vrai : le wattmètre
Les tableaux de repères donnent une idée, mais un wattmètre à prise, pour quelques dizaines de dirhams, donne la vraie consommation de votre matériel précis, en usage réel et en veille. Branchez-le entre le mur et l'appareil (ou une multiprise regroupant plusieurs équipements), laissez tourner une journée type, et relevez la consommation cumulée. C'est le même outil que celui utilisé pour dimensionner un onduleur — un achat qui sert aux deux démarches.
Le label et l'écoconception
À l'achat, quelques repères simples : un écran ou un PC récent consomme presque toujours moins qu'un modèle ancien à performances égales, grâce aux progrès des composants. Les alimentations certifiées 80 PLUS (Bronze, Gold, Platinum) gaspillent moins d'énergie en chaleur : à consommation affichée égale, une alimentation mieux certifiée tire un peu moins sur le secteur. Ce n'est pas un critère décisif à lui seul, mais il pèse sur des années d'usage continu.
Calculer ce que ça représente
Méthode simple : puissance en watts × heures d'usage par jour ÷ 1000 = kWh par jour. Un PC de bureau à 100 W allumé 8 heures par jour consomme 0,8 kWh par jour, soit environ 20 à 25 kWh par mois pour ce seul poste. Sur dix postes dans un bureau, l'ordre de grandeur passe à 200-250 kWh par mois — une part non négligeable de la facture, avant même de compter les écrans, imprimantes et climatisation.
Intégrer la consommation dans un achat
Pour un achat futur, la consommation ne devrait pas être le premier critère (l'usage et la fiabilité priment), mais elle mérite une place dans la comparaison :
- entre deux PC de bureau aux performances proches, la fiche technique indique souvent la puissance de l'alimentation : un indice, pas une mesure exacte, mais utile pour comparer deux gammes ;
- un PC portable reste, à usage égal, l'option la plus économe pour de la bureautique — voir PC portable ou PC de bureau pour les autres critères de ce choix ;
- pour un parc de plusieurs postes en entreprise, ce facteur pèse sur la facture globale et mérite d'entrer dans la discussion avec votre fournisseur, au même titre que le prix d'achat et la garantie.
Garder ou remplacer : l'argument électrique ne suffit presque jamais
C'est le raisonnement qu'on entend souvent : « ce vieux poste consomme trop, autant le changer ». Il est séduisant, et il est presque toujours faux — pour une raison qu'on oublie de mettre dans le calcul.
Fabriquer un ordinateur coûte beaucoup plus d'énergie que le faire fonctionner pendant des années. L'essentiel de l'empreinte d'une machine est déjà dépensé le jour où elle sort de l'usine. Remplacer un poste qui fonctionne pour économiser quelques watts revient donc à payer d'avance, en énergie comme en argent, bien plus que ce que l'on espère économiser.
Quelques repères pour trancher honnêtement :
- Un poste fixe de bureautique âgé consomme plus qu'un portable récent, mais l'écart annuel reste modeste au regard du prix d'une machine neuve. Le remplacement se justifie par d'autres raisons — lenteur, fin du suivi logiciel, panne — pas par la facture d'électricité.
- Un vieil écran est un meilleur candidat : il tourne autant d'heures, se remplace pour bien moins cher qu'une unité centrale, et l'écart de consommation entre générations y est plus marqué.
- Ce qui fonctionne en continu mérite le calcul : un équipement allumé vingt-quatre heures sur vingt-quatre — serveur, NAS, box — pèse bien plus qu'un poste utilisé huit heures par jour. C'est là que le remplacement peut réellement se rentabiliser.
- La bonne première étape reste gratuite : mesurer au wattmètre avant de décider. Beaucoup de machines soupçonnées de tout consommer se révèlent très raisonnables.
Autrement dit : améliorez d'abord les réglages, remplacez ce qui tourne en permanence, et gardez le reste tant qu'il rend service. C'est aussi ce que dit notre rubrique on ne jette pas — et, en l'occurrence, c'est le choix le plus sobre autant que le plus économique.
Questions fréquentes
Éteindre et rallumer un PC use-t-il plus qu'une veille prolongée ?
Non, c'est une idée reçue héritée des vieux disques durs mécaniques. Un PC moderne avec SSD supporte sans problème plusieurs cycles d'extinction par jour ; c'est même préférable pour la consommation dès qu'on ne l'utilise pas pendant plusieurs heures.
Un économiseur d'écran fait-il économiser de l'électricité ?
Non : un économiseur d'écran maintient l'écran allumé et actif, donc consomme presque autant qu'une utilisation normale. La vraie économie vient de la mise en veille de l'écran, pas d'un économiseur animé.
La charge à 100 % use-t-elle plus la batterie d'un portable ?
Garder un portable branché en permanence à 100 % de charge, à la longue, use un peu plus la batterie que la garder entre 20 et 80 %. Certains modèles proposent un mode qui limite la charge maximale pour préserver la batterie sur le long terme.
Vaut-il le coup de remplacer un vieux PC juste pour économiser de l'électricité ?
Rarement à lui seul : la différence de consommation entre un PC de bureau ancien et récent, en usage bureautique, représente quelques dizaines de dirhams par mois — bien en dessous du prix d'une machine neuve amorti sur plusieurs années. En revanche, si le PC doit de toute façon être remplacé (lenteur, panne, fin de support), la consommation plus faible d'un modèle récent ou d'un portable est un bonus à prendre en compte, pas la raison principale du changement.
La climatisation d'un bureau compte-t-elle dans le budget « informatique » ?
Indirectement, oui : plus il y a de matériel qui chauffe dans une pièce fermée, plus la climatisation travaille pour compenser. Réduire la chaleur dégagée (postes en veille, écrans éteints, matériel dépoussiéré) allège aussi, un peu, la facture de climatisation — un effet secondaire rarement pris en compte.
En résumé
La plupart des économies d'énergie en informatique sont gratuites : mise en veille automatique, luminosité raisonnable, extinction des postes inutilisés, multiprise à interrupteur pour les veilles cachées. Le matériel qui doit rester disponible en continu — routeur, NAS, onduleur — n'est pas le bon poste où économiser : sa consommation continue est le prix de la disponibilité et de la protection. Nos conseillers vous aident à équiper un poste ou un bureau entier en tenant compte de la consommation, dans notre rayon onduleurs et notre univers Informatique. Si votre installation passe au solaire, voyez aussi onduleur et panneaux solaires, notre rayon énergie solaire et le guide d'achat d'une installation solaire.