Laser ou imprimante à réservoirs : voilà la vraie question aujourd'hui. Il y a dix ans, le choix se résumait à « laser pour le bureau, jet d'encre pour la maison ». Depuis, les imprimantes à réservoirs rechargeables (Epson EcoTank, Canon MegaTank, HP Smart Tank) ont pris une telle place dans les rayons — et dans notre propre catalogue — que le jet d'encre à cartouches classique est devenu un choix de niche, presque hors-jeu. Le vrai match se joue désormais entre laser et réservoir. Voici la comparaison directe, chiffrée, pour trancher.

Laser ou réservoir : le tableau comparatif

Avant les explications, le tableau qui résume tout — le jet d'encre classique y figure encore, pour mémoire, mais ne fait plus vraiment partie du match :

CritèreLaserJet d'encre classiqueÀ réservoirs
Prix d'achatMoyen à élevéLe plus basMoyen (souvent proche du jet d'encre)
Coût à la pageBas en noir, correct en couleurTrès élevéLe plus bas, de loin
Qualité photoFaibleBonne à très bonneBonne à très bonne
VitesseRapideLente à moyenneMoyenne
Volume mensuel conseilléÉlevé (500+ pages)Faible (moins de 50 pages)Élevé (500+ pages)
EntretienQuasi nulSéchage des buses si peu utiliséeIdem jet d'encre, en moins fréquent
Idéal pourBureau, documents en volumeImpression très occasionnelleFamille, photo, indépendant, PME

Comment fonctionne un réservoir, concrètement ?

Sur une imprimante classique, l'encre est enfermée dans une petite cartouche jetable — quand elle est vide, on la remplace entièrement, puce électronique comprise. Sur un modèle à réservoirs, l'encre est stockée dans des cuves transparentes intégrées au corps de l'imprimante, visibles de l'extérieur : vous voyez le niveau baisser à l'œil nu, sans passer par un indicateur logiciel approximatif.

Pour recharger, on ouvre un petit clapet et on verse le contenu d'une bouteille dédiée à chaque couleur — l'opération prend une minute, sans risque de fuite grâce à un embout adapté à chaque flacon. Une imprimante neuve est livrée avec un premier plein qui couvre déjà plusieurs centaines à quelques milliers de pages selon le modèle, avant même le premier réachat.

C'est ce mécanisme — plus simple à fabriquer, sans puce ni mécanisme de verrouillage propriétaire — qui explique pourquoi le prix des bouteilles reste bas comparé aux cartouches, tout en contenant beaucoup plus d'encre.

Pourquoi le réservoir a pris le dessus sur le jet d'encre classique

Le jet d'encre à cartouches repose sur un modèle bien connu : l'imprimante est vendue à prix cassé, parfois moins de 350 DH, et le fabricant se rattrape sur des cartouches minuscules — souvent 5 à 8 ml — qui s'épuisent en quelques dizaines de pages. Sur la durée, c'est l'inverse d'une bonne affaire.

Les imprimantes à réservoirs cassent ce modèle : au lieu de cartouches, on recharge des réservoirs intégrés avec des bouteilles d'encre. Chez Epson, une bouteille EcoTank 101 noire coûte environ 210 DH et permet d'imprimer plusieurs milliers de pages — l'équivalent de dizaines de cartouches classiques pour une fraction du prix cumulé. Canon (gamme MegaTank/PIXMA G, comme la PIXMA G3411) et HP (Smart Tank, Ink Tank, comme la Smart Tank 515) proposent le même principe.

Résultat concret dans notre propre catalogue d'imprimantes : les modèles à réservoirs sont aujourd'hui presque trois fois plus nombreux que les jet d'encre à cartouches classiques. Ce n'est pas un hasard éditorial, c'est la demande réelle — les clients qui impriment ne serait-ce que quelques pages par semaine ont compris qu'une cartouche à 150-250 DH toutes les 200 pages revient bien plus cher qu'un réservoir rechargé une à deux fois par an.

Astuce Rightech : Le seul cas où le jet d'encre classique garde un sens, c'est l'achat d'appoint à moins de 350 DH pour un usage vraiment exceptionnel (un formulaire de temps en temps). Dès que vous imprimez plus d'une fois par mois, le réservoir est rentabilisé en quelques mois.

Le laser reste imbattable sur un terrain : le volume de bureau

Le réservoir a pris le dessus sur le jet d'encre classique, pas sur le laser. Pour un usage professionnel — factures, contrats, documents administratifs en noir et blanc, plusieurs centaines de pages par mois — le laser garde deux avantages que rien ne remplace :

  • La vitesse : une laser d'entrée de gamme sort 20 à 30 pages par minute, contre 10 à 15 pour une imprimante à réservoirs sur des documents texte.
  • La stabilité dans le temps : le toner ne sèche jamais, même après plusieurs semaines sans utilisation — contrairement à l'encre liquide (cartouche ou réservoir), qui peut boucher les buses en cas d'inactivité prolongée.

En couleur, le laser (comme la Lexmark C3224DW) reste plus cher à l'achat et moins bon pour la photo — sur ce terrain, réservoirs et jet d'encre gardent l'avantage grâce à une meilleure restitution des dégradés.

Les grandes gammes à connaître

Trois marques dominent le marché des imprimantes à réservoirs, chacune avec sa logique :

  • Epson EcoTank : la gamme la plus large, de l'entrée de gamme monochrome (L120) aux modèles A3+ pour la photo (EcoTank L1800). Référence historique du réservoir, très large disponibilité de bouteilles au Maroc.
  • Canon PIXMA G / MegaTank : bon rapport qualité-prix sur l'entrée et le milieu de gamme, avec des modèles multifonction (scan + copie) accessibles dès un budget serré, comme la PIXMA TS3140 à réservoir.
  • HP Smart Tank / Ink Tank : gamme plus récente, souvent avec connectivité Wi-Fi et application mobile bien pensées, positionnée sur le télétravail et le foyer connecté.

Pour un usage multifonction avec numérisation régulière, privilégiez un modèle avec chargeur automatique de documents (ADF) plutôt qu'un simple vitre à plat — le gain de temps est réel dès que vous scannez plus de quelques pages à la fois. Si vous numérisez vraiment beaucoup, voyez aussi notre comparatif scanner dédié ou imprimante multifonction.

Sur l'autonomie, les écarts entre modèles sont réels : une entrée de gamme comme l'EcoTank L120 tient plusieurs centaines de pages entre deux recharges de noir, tandis qu'un modèle plus récent comme le L3150 ou le L4160 profite de réservoirs plus grands et d'une électronique plus efficace, ce qui réduit encore le nombre de recharges nécessaires sur l'année. Sur le papier, la différence de prix entre deux générations semble anecdotique — sur l'usage réel, elle se traduit surtout par moins de manipulations, pas par un vrai écart de coût à la page.

Combien coûte vraiment chaque page ? Le calcul qui change tout

Le prix affiché sur l'imprimante ne raconte qu'une partie de l'histoire. Ce qui compte, c'est le coût total sur 2 à 3 ans, imprimante + consommables. Quelques repères tirés de notre catalogue :

  • Laser monochrome : imprimante dès ~920 DH, toner compatible dès ~100 DH pour environ 1 000 à 2 000 pages — coût à la page très bas, mais l'investissement de départ est plus élevé.
  • Jet d'encre classique : imprimante dès ~325 DH, mais une cartouche couvre rarement plus de 200 pages — sur 3 000 pages imprimées dans l'année, le budget consommables dépasse largement le prix de l'imprimante elle-même.
  • À réservoirs : imprimante dès ~470 DH (les modèles d'entrée de gamme coûtent à peine plus qu'un jet d'encre classique), et un plein de bouteilles d'encre (4 couleurs) autour de 550-600 DH pour plusieurs milliers de pages.

Sur un an d'usage familial ou d'indépendant (disons 1 500 à 3 000 pages), une imprimante à réservoirs coûte généralement 3 à 5 fois moins cher en consommables qu'un jet d'encre classique équivalent — pour un prix d'achat quasi identique. C'est ce calcul, plus que la technologie elle-même, qui explique le basculement du marché. Sur cette même base, le surcoût éventuel d'un réservoir par rapport à un jet d'encre classique équivalent (rarement plus de 150 DH) est amorti dès la première ou la deuxième recharge — souvent en moins de six mois pour un usage régulier.

Les erreurs fréquentes à éviter au moment de choisir

Quelques pièges reviennent souvent, quelle que soit la technologie retenue :

  • Se fier uniquement au prix d'achat : c'est l'erreur la plus coûteuse. Une imprimante à 300 DH qui consomme des cartouches à 200 DH revient bien plus cher sur un an qu'un modèle à 500 DH avec des consommables économiques.
  • Sous-estimer le format multifonction : même un usage occasionnel du scanner (une pièce d'identité, un contrat à signer) justifie souvent le petit surcoût d'un modèle multifonction plutôt qu'une imprimante simple.
  • Négliger la connectivité : si plusieurs personnes du foyer ou du bureau doivent imprimer, le Wi-Fi ou le partage réseau évite de rebrancher un câble USB à chaque utilisation. Vérifiez que le modèle choisi le propose avant l'achat.
  • Oublier le format des documents imprimés : la plupart des imprimantes grand public sont en A4. Si votre activité implique des plans, affiches ou tirages photo grand format, orientez-vous directement vers un modèle A3+.

Enfin, gardez en tête que le prix du consommable annoncé par le fabricant correspond souvent à un rendement optimisé en laboratoire — sur un usage réel (documents avec images, marges de sécurité, tests d'impression), comptez généralement 15 à 20 % de pages en moins que le chiffre affiché sur la fiche technique.

Quelle imprimante pour quel profil ?

Étudiant qui imprime occasionnellement

Si c'est vraiment ponctuel (quelques pages par mois), un jet d'encre classique d'entrée de gamme suffit — inutile d'investir dans un réservoir pour un usage minime. Au-delà d'une page par semaine, basculez sur un réservoir : la Canon PIXMA G-series ou l'Epson EcoTank L120 sont les entrées de gamme les plus accessibles.

Famille, télétravail, impression de photos

C'est le profil pour lequel les réservoirs ont été inventés. Documents scolaires, photos de vacances, PDF administratifs : le coût à la page bas encourage à imprimer sans compter, et la qualité photo tient la comparaison avec un jet d'encre classique haut de gamme.

Indépendant ou bureau à domicile, volume moyen

Un modèle à réservoirs multifonction (scan + copie) avec chargeur automatique de documents, comme la HP Ink Tank 315 ou l'Epson EcoTank L4160, couvre l'essentiel — factures, devis, contrats — sans les contraintes d'entretien du laser ni son prix d'achat plus élevé.

PME, volume élevé, essentiellement du texte

Le laser reste le bon choix dès que le volume dépasse 500 pages par mois et que la couleur n'est pas centrale. Une monochrome rapide, couplée à un onduleur pour la protéger des coupures de courant, tient plusieurs années sans faiblir.

FAQ — Laser ou imprimante à réservoirs

Une imprimante à réservoirs, ça vaut le coup même pour un petit budget ?

Oui — les modèles d'entrée de gamme (comme la Canon PIXMA TS3140 à réservoir) sont désormais proposés à un prix proche d'un jet d'encre classique. La différence se fait sur les consommables, pas sur le prix d'achat.

Le réservoir sèche-t-il comme les cartouches en cas de non-utilisation ?

Le risque existe mais reste plus faible qu'avec une petite cartouche, car le volume d'encre est bien plus important. Une impression test toutes les une à deux semaines suffit à l'éviter.

Peut-on remplacer une imprimante laser par un modèle à réservoirs au bureau ?

Pour un petit volume (moins de 200-300 pages/mois), oui, sans problème. Au-delà, la vitesse et la robustesse du laser restent préférables — voir notre guide d'achat imprimante complet pour le détail par usage.

Existe-t-il des imprimantes à réservoirs au format A3 ?

Oui, plusieurs modèles Epson EcoTank existent en A3+ (impression de posters, plans, planches photo), avec le même principe de réservoirs rechargeables que les modèles A4 — un segment que le jet d'encre classique et le laser grand public ne couvrent pratiquement pas.

Les cartouches et bouteilles compatibles fonctionnent-elles aussi bien que les originales ?

Pour un usage bureautique standard, oui — la qualité s'est nettement améliorée. Pour la photo, les consommables d'origine restent recommandés. Tous nos toners et cartouches compatibles sont certifiés et ne compromettent pas la garantie de l'imprimante.

Combien de temps dure une imprimante à réservoirs ?

Avec un usage régulier et un entretien minimal (impression test toutes les une à deux semaines, nettoyage des têtes si besoin), une imprimante à réservoirs bien entretenue dure généralement 5 à 7 ans — une durée de vie comparable à celle d'un laser d'entrée de gamme, largement supérieure à celle d'un jet d'encre classique soumis à un usage intensif.

Pour aller plus loin : consultez le coût par page d'une imprimante.

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